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Pessah

C'est la fête de la libération, en commémoration de la sortie d'Égypte.

Mais cette liberté n'a pas été voulue par D.ieu sans contraintes, car l'absence même de frein spirituel et moral entraînerait l'homme vers ses mauvais penchants, le rendant esclave de ces derniers et l'empêcherait de se dégager du joug du mal. C'est dans ce sens que D.ieu rendit obligatoire les Tsitsith (franges ajoutées à certains habits) : "Tu diras aux enfants d'Israël de se faire des Tsitsith aux coins de leurs vêtements... cela formera un symbole, vous les verrez, vous vous rappellerez tous les commandements du Seigneur, vous les exécuterez et vous ne vous égarerez pas en suivant votre cœur et vos yeux qui vous entraînent à l'infidélité" (Nombres, XV, 37?41).

La maison est l'objet de grands nettoyages et pendant une semaine le pain sera non levé (Matsa), en souvenir du fait que les Hébreux, partis d'Égypte dans la précipitation, n'eurent pas le temps de faire lever le leur "Pendant sept jours vous mangerez des azymes; dès le premier jour vous ferez disparaître le levain de vos maisons, car quiconque mangerait du pain levé serait retranché d'Israël. Le premier jour "Sainte Convocation" (fête) et le septième jour aussi. Vous observerez les azymes, car c'est ce jour-là que J'ai fait sortir vos armées du pays d'Égypte... c'est une institution perpétuelle" (Exode, XII, 15?20).

Ainsi, concernant les Hamets (céréales fermentées - blé, orge, seigle, épeautre, avoine - mais aussi les aliments et boissons en contenant un tant soit peu), tout commerce en est interdit depuis la veille, de même que toute consommation et même simple possession. La recherche de Hamets (Bédika Hamets), véritable "chasse", à effectuer à la tombée de la nuit ("à la lueur d'une bougie") la veille de Pessah, soit le 13 Nissane, est une Mitsva.

Une vaisselle et une batterie de cuisine spéciales sont utilisées (sinon il faut cachériser celles de tous les jours), et celles "à Hamets" soigneusement lavées et rangées dans un placard fermé. Seuls les produits non alimentaires contenant des Hamets pourront être utilisés (encaustique, colle...).

En reconnaissance du fait que la dixième plaie d'Égypte épargna les premiers-nés d'Israël, les premiers-nés juifs jeûnent le 14 Nissane (s'ils sont mineurs, leurs pères le feront à leur place). Mais la participation à une Séouda Mitsva (repas en l'honneur d'une cérémonie religieuse) dispense du jeûne ; de même le rabbin organise souvent le matin de ce jour, après l'office, un Siyoum Masseh'ta (achèvement public de l'étude d'un traité du Talmud) à l'issue duquel le jeûne peut être interrompu.

Tout Hamets ayant appartenu à un juif avant Pessah est interdit, même après Pessah.


LES KITNIOT : ce qui présente des similitudes avec les céréales ou qui pousse dans leur voisinage (riz, maïs, luzerne, millet, moutarde, lentilles, fèves, pois, cumin, soja, etc., ainsi que leurs dérivés, huile, amidon, glucose...). II est d'usage chez les Ashkénazes et certains Séfarades de ne pas les consommer pour Pessah.

Le premier soir a lieu un repas liturgique (Séder), au cours duquel des produits symboliques sont consommés, avec obligation de manger des Matsot (galettes faites de pâte - blé en général - non fermentée), le cérémonial de base est le même que pour le repas du vendredi soir.

Le Séder est accompagné par la lecture à haute voix de la Haggadah (récit commenté de la fuite d'Égypte).

Le père de famille va raconter à ses enfants la sortie d'Égypte (gestes, paroles et chansons font revivre l'événement). C'est l'enfant qui fait démarrer le récit en posant la fameuse question "Mais pourquoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ?". II interrogera ainsi son père quatre fois.

Une coupe pleine est mise de côté pour le prophète Elie, dont le retour est espéré, dans l'attente du Salut final.

Chacun doit prendre pleinement conscience que Pessah est le fondement de toutes les libérations, pour Israël, mais aussi toute l'humanité.

Le Séder se termine par le chant d'espoir "L'an prochain à Jérusalem".

Le compte de l'Omer. Ce qui était à l'origine une offrande, est devenu le calcul du temps intermédiaire entre Pâque et Pentecôte. L'arrivée du printemps, début de la période des récoltes, coïncide en effet avec celle de la Pâque. A l'époque biblique, c'était la fête de la moisson de l'orge (la précoce des céréales). L'Omer (gerbe) désignait la mesure d'orge (environ 2,5 litres) de la première moisson qui devait être apportée chaque année au Temple ("Beth Hamikdach") le deuxième soir de Pessah. La moisson était alors déclarée ouverte. A partir de ce jour on comptait sept semaines, ce qui permettait un étalement dans le temps de l'offrande "finale" (puis le cinquantième jour était célébré sous le nom de fête des moissons, ou des semaines, mais surtout de jour de la remise de la Torah), conformément au verset "A partir du lendemain de la fête, jour de l'offrande de l'Omer, vous compterez sept semaines entières. Vous compterez cinquante jours et apporterez une offrande nouvelle à l'Éternel" (Lévitique, XXIII, 15). Après la récolte de l'orge venait celle du froment, et il était très important de compter les jours qui les séparaient. Le souvenir en a été maintenu par un rituel pratiqué depuis, bien que le Temple n'existe plus. II faut donc continuer à compter l'Omer (ainsi que les jours et les semaines qui passent) du 16 Nissane jusqu'à Chavouot (ce qui doit être fait à la tombée de la nuit), afin de se libérer peu à peu de l'emprise du mal et de se préparer, pendant les semaines, à être spirituellement apte à recevoir la nouvelle Torah.

Lag Baomer : 33ème jour de l'Omer (Lag signifie 33). Du 1er au 33, ces jours, de joie à l'origine, sont devenus des jours de tristesse (destruction Temple, croisade - celle de 1096 -, pogroms, mort de Rabbi Shimon Bar Yohai - auteur présumé du Zohar - et surtout fin de l'épidémie qui a terrassé les 24000 élèves de Rabbi Akiva). En conséquence, pendant cette période on ne se marie pas, on ne fait pas la fête, on ne se rase pas, on ne se coupe pas les cheveux.