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Tou Bichevat
Tou Bichevat veut dire le 15 Chevat, nouvel an des arbres. Cette
date fixe le nombre des années de l'arbre, pour la Orlah,
Dieu interdisant à l'homme de manger les fruits d'un arbre
pendant les trois premières années après la
plantation (tous les prémices Lui étant réservés).
Cette journée
sans obligation (mais interdite de jeûne), n'est pas dénuée
de symboles. En effet les supplications sont supprimées de
l'office (elles sont de rigueur les autres jours de fête)
signifiant que puisque la racine de la plante, enfouie sous terre,
donc cachée, est la source de la croissance et de la santé
de l'arbre, pour l'homme il n'est pas besoin de montrer au grand
jour ce qui peut rester discret.
Suivant les contrées et ses us
et coutumes, différents fruits sont mangés à
cette occasion. Les ordres (Sédarim) de dégustation
de fruits se sont développés à partir du XVlle
siècle, avec les kabbalistes de Safed. Le Séder (l'ordre)
le plus réputé provient du livre Peri 'Ets Hadar (imprimé
à Salonique en 1753, régulièrement réimprimé)
: après la lecture de versets de la Torah et de passages
du Zohar, on mangera un gâteau à base de blé
(aliment de base) et/ou d'orge, une olive (l'ancienneté de
l'olivier étant symbole de persistance, d'opiniâtreté),
une datte (symbole de douceur), du raisin (abondance, réjouissance,
bénédiction), une figue (après leur faute,
Adam et Eve se sont recouverts de feuilles de figuier), de la grenade
(citée 32 fois dans la Bible), du cédrat (Etrog),
qui, selon certains, serait le fruit de la connaissance du bien
et du mal, de la pomme dont le parfum est qualifié d'exaltant,
d'enivrant ("l'odeur de ton haleine, comme celle des pommes"
Cantique des Cantiques, VII, 9), une noix (qui rappelle la boite
crânienne), une amande, réputée pour sa rapidité
à atteindre sa maturation, et considérée comme
l'un des meilleurs produits, à tel point qu'Israël (Jacob)
en fait envoyer en
offrande au vice-roi d'Égypte (sans savoir qu'il s'agit de
son fils, Joseph, Exode, XLIII, 11), de la caroube (l'arbre met
30 à 40 ans à donner des fruits, montrant que ce que
recueille une génération est le fruit du labeur des
précédentes). Le tout coupé par quatre verres
de vin.
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